Le monde est en proie à de profonds changements globaux, à une transformation à la fois matérielle, sociale, économique, technologique, scientifique et spirituelle. Comment pouvons-nous accompagner ce changement et lui donner du sens? Comment souhaitons-nous vivre sur les plans personnel et collectif ? Comment pouvons-nous tendre vers la construction de nouveaux paradigmes de sociétés et d’économies plus durables, inclusifs et équitables?

Dans cette série d’entretiens, j’explorerai avec quatre femmes extraordinaires ce voyage initiatique vers le sacré au travers de la danse, du mouvement et de la guérison de l’énergie féminine : Yumma Mudra au travers de la chorésophie, Audrey avec la biodanse, Alina au travers de la danse orientale et Lara avec l’eurythmie. Quatre destins fascinants et inspirants, quatre langages artistiques, quatre passions résilientes, quatre incarnations de l’énergie féminine et des valeurs vénusiennes (beauté, harmonie, savoir, magie, musique, etc.) qui nous invitent à célébrer la vie en dansant, à nous connecter avec le sacré pour promouvoir l’amour et l’union – en nous et avec le Tout -.

Nous verrons comment chacune de ces danses est une manière ludique et profonde d’exprimer leur individualité et surtout, ce que ce « langage » symbolise pour chacune d’entre elles. Nous soulignerons le besoin de revenir à l’intelligence et à la sagesse du corps comme point de départ d’une transformation intérieure.

Qu’elle soit envisagée comme une simple activité physique, une activité visant à soulager le stress ou d’autres pathologies, un outil pour renforcer la connaissance de soi et la conscience de soi, une forme de méditation ou une manière de soutenir une cause, etc., la danse englobe toujours différents niveaux : artistique, social, culturel, religieux, spirituel, politique, sacré et transcendantal). Possédant des vertus de guérison et constituant un outil holistique efficace, les bienfaits de la danse sont incontestables. Il existe, d’ailleurs, un courant spécifique de danse-thérapie qui vise à guérir grâce au mouvement, à l’activité physique, à la création artistique et à favoriser l’intégration des processus cognitifs, corporels et émotionnels de la personne.

Habiter le corps n’est pas une tâche aisée, confortable et accessible à tous car chacun doit trouver la manière d’en prendre soin et de créer une discipline personnalisée pour réguler son énergie. C’est un véritable acte d’amour envers soi-même, une acceptation de tout notre être. Cette dernière repose sur la connaissance de soi, le discernement de nos forces et de nos limites. Habiter le corps, c’est reconnaître sa sagesse et son intelligence, plus fiables que celles de l’esprit ou des émotions. Mais habiter le corps – notre temple – c’est avant tout comprendre qu’il est un véhicule pour traduire quelque chose de plus grand que nous. La danse aurait-elle pour ultime objectif de spiritualiser la matière et de permettre l’expression de l’âme à travers ce « véhicule » dédaigné depuis la vision héritée de l’idéal du corps-machine de Descartes ? 1.

Tout comme la vie, la danse est rythme, mouvement, transformation et renaissance. Elle nous invite au détachement pour parcourir le chemin qui part du progrès personnel vers la transcendance, en créant du sens et en ajoutant notre pierre à l’édifice collectif. Chacun de nous est là pour comprendre son propre rythme, équilibrer ce qui ne l’est pas et exprimer son essence unique et irremplaçable. À la fois expérience individuelle et expérience collective, la danse nous amène à nous découvrir, à nous explorer et à reprendre possession de nous-mêmes afin d’abolir les limites qui nous séparent de ce Tout et faire de l’univers notre demeure intérieure.

Liée au monde du mystère, de la magie, des émotions, la danse est, essentiellement, l’expression de l’énergie féminine. C’est peut-être pour cela que les femmes se lancent davantage dans cette aventure sensorielle et spirituelle liée au féminin sacré, lui-même symbolisé par la nature et basé sur l’éthique, l’écologie et la fraternité. Il s’agit à présent de favoriser la reconnexion de chaque être humain avec son énergie féminine afin que celle-ci, si longtemps réprimée, puisse Être de nouveau, s’exprimer et jouer son rôle en rééquilibrant les forces. Et ceci permettra, ensuite, de manifester une essence non-duelle et la véritable nature de notre esprit.

Tel que l’explique Joan Shinoda Bolen 2, cette vision sacrée du monde nous renvoie à la mythologie matriarcale qui existait avant l’émergence du concept de religion (masculine) dans la vieille Europe : une grande déesse 3 symbole de la nature, de la fertilité, de l’abondance, de la paix, de la création (et destruction) progressivement détrônée par les religions hébraïque, catholique et musulmane qui marquèrent l’avènement du modèle patriarcal et la disparition des droits des femmes. Le travail de Joan Shinoda Bolen, ainsi que celui d’autres femmes néo-jungiennes à partir des années 1970, a permis de mettre en lumière cet archétype longtemps enfoui dans l’inconscient personnel et collectif afin d’aider les femmes à sortir des limites imposées par le paradigme patriarcal et à renouer avec leur liberté, leur corps, leur conscience et leur pouvoir.

Ce réveil de l’énergie féminine se produit, pour la première fois, de manière globale et collective mais il nécessite une prise de conscience individuelle pour transformer toutes les croyances et structures établies jusqu’à présent, que ce soit au sein de la famille ou de la société. Repenser l’énergie féminine implique un repositionnement des femmes dans leur propre vie, une (re-)connexion pure avec leur essence à travers l’énergie féminine pour se libérer des entraves et conditionnements et une exploration intérieure pour atteindre la complétude. Cela ne signifie pas pour autant tomber dans l’excès inverse en revendiquant un féminisme excluant mais de se connecter avec ses propres désirs et d’exprimer sa voix en conscience. Force est de reconnaître que les circonstances actuelles, qui mettent à bas les anciennes structures, constituent une opportunité incroyable pour mener à bien cette métamorphose.

Nous débuterons ce parcours initiatique et artistique avec Yumma Mudra. Fille du sculpteur hongrois Laszlo Szabo et danseuse depuis l’âge de trois ans, elle a rejoint le ballet russe Irina Grjebina à l’âge de douze ans. Elle a travaillé comme top model et après cette intense exposition médiatique, elle s’est consacrée à l’étude du bouddhisme (commencée pendant son adolescence) puis elle a fait des retraites et de nombreux voyages avant de fonder l’école Danza Duende Network en 2004, une école de « philosophie par la danse ». Un terme à lui seul pourrait résumer sa vocation, la chorésophie, qu’elle définit comme un chemin de sagesse à travers l’expérience intérieure du geste. Une démarche également basée sur la recherche personnelle de l’Art comme mode de vie. En 2012, elle a publié son autobiographie, La voie qui danse (Ed. François Bourin), dans laquelle elle décrit son mode de vie entre pratique du Bouddhisme et de la Chorésophie. Dans le bouddhisme, les dakinis 4, qui signifient « celles qui traversent l’espace » ou « les danseuses du ciel », sont de puissants principes de sagesse se manifestant pour aider les êtres. La danse nous permet de nous reconnecter à ce principe primordial, à la véritable nature de notre esprit et de reconnaître son rôle essentiel dans l’accomplissement du bien de tous.

Quand et comment est née cette passion pour la danse ?

J’avais trois ans et je vivais aux États-Unis. Depuis ma naissance, ma mère avait l’habitude de m’emmener à des spectacles, des concerts et au cinéma. Après avoir vu Margot Fonteyn danser avec Noureev dans Roméo et Juliette, j’ai décidé de devenir danseuse. Ma mère a accepté et m’a inscrite dans une école de danse pour « Tap Dance » et Ballet. Puis à l’âge de huit ans, je suis entrée dans une école de ballet russe à Paris pour la danse de caractère et de ballet. Le « Ballet Russe Irina Grjebina » m’a engagée comme soliste professionnelle à l’âge de treize ans. Par la suite, j’ai questionné le monde professionnel de l’art et passé de nombreuses années à chercher un chemin intemporel d’épanouissement métaphysique à travers la danse.

Comment définiriez-vous la(les) danses(s) auxquelle(s) vous vous consacrez ?

Cela peut se résumer en un mot: la chorésophie, c’est-à-dire la dévotion à la sagesse grâce à l’acte de danse. C’est une méthodologie libérée d’une forme esthétique prédéfinie mais qui ne rejette pas pour autant le potentiel technique qui consiste à étudier, enrichir et inverser les gestes. Ainsi un vocabulaire personnel – qu’il faut procréer, faire naître au monde – peut manifester l’essence humaine de l’être intemporel. Celle-ci prendra des formes différentes, à l’infini, sans jamais se laisser enfermer dans des schémas culturels et conceptuels.

Pourquoi le choix du terme « duende » pour votre projet ?

Les Gitans disent : « il/elle a le Duende » quand une personne du clan impressionne tout le monde dans l’expression de son art grâce une intensité de présence au moment de chanter, de jouer de la musique ou de danser. C’est le poète espagnol Federico García Lorca qui a rendu célèbre ce terme grâce son texte Jeu et Théorie du duende, écrit pour une conférence en 1930. Avant d’être assassiné par la police franquiste, il était très proche des milieux gitans.

Aujourd’hui, c’est un terme connu dans les milieux du Flamenco – mais pas seulement – bien que l’on omette, parfois, de reconnaître l’origine rom de l’expression. Les Gitans ont profondément influencé l’expression du Flamenco en Espagne : à la suite de leur persécution par les Rois Catholiques, ils ont été forcés de se sédentariser et de trouver leur place au sein de la société. Le Flamenco est devenu l’un des piliers de la vie de nombreuses familles Rom et le terme duende s’est répandu petit à petit. Dans le flamenco, c’est une catharsis, une transformation de la souffrance en une célébration, portée en général par un ou une soliste dont l’art dépasse le cadre de la technique et grâce auquel il peut transporter le public dans son monde intérieur. Ce qui est impossible à expliquer, c’est la puissance avec laquelle le duende réussit à faire partager, entre tous, l’essence même des individualités. C’est une transcendance de la dualité des perceptions qui devient directement palpable mais qui échappe à la raison.

J’aime ce terme parce qu’il exprime directement un phénomène inexplicable qui ne se laisse pas enfermer dans une définition ou une méthode : on a le duende ou on ne l’a pas. Depuis mon enfance, j’ai toujours essayé de comprendre pourquoi certaines de mes collègues étaient expressives, présentes, ou « lyriques » comme le commentait Irina Grjebina, la grande Maestra qui m’a formée à la danse Classique et de Caractère. J’observais les danseuses qui jouissaient de facilités techniques mais qui restaient froides, sans âme dans leur déploiement, et je me demandais pourquoi. Comment faire pour qu’elles réussissent à ouvrir leur cœur pour le laisser briller ? C’est l’un des questionnements qui a accompagné ma croissance en tant qu’artiste mais aussi dans la vie de tous les jours : pourquoi aurions-nous le duende sur scène mais pas le reste du temps ?

Ce mot espagnol n’a pas véritablement d’équivalent en français. Et il existe en langue castillane grâce à l’influence des Gitans. Mais dans beaucoup de sociétés traditionnelles, on retrouve des concepts similaires : Tarab en arabe, Mani en polynésien, Drala en tibétain, Kami en Japonais. Les traducteurs automatiques sur internet traduisent Duende par Lutin. Ce qui n’est pas juste dans ce cas tout en n’étant pas complètement faux. Les Lutins sont des êtres invisibles de la nature, les Kamis et les Dralas aussi, mais l’équivalent chez les polynésiens du Mana 5 ressemble beaucoup au Duende du flamenco.

Pour moi le Duende est devenu la motivation en même temps que la destination du processus de la danse. Sans duende, le rituel n’accomplit pas sa fonction de guérison, d’inspiration, de régénération. Mais c’est en réalité un phénomène énergétique qui est naturel lorsque la personne en action, qui catalyse cette force, ne résiste pas au don intégral de soi. C’est un don au-delà de la mort, c’est un engagement inconditionnel qui attire et manifeste le duende. En réalité, les énergies des éléments sont magnétisées, les énergies du feu, de l’eau, de l’air, de la terre et surtout de la quintessence. Voilà pourquoi ce phénomène n’appartient pas à l’artiste mais au fonctionnement même de la nature. Mais c’est l’artiste qui attire ou pas le duende. Et c’est cela ce qui a motivé le nom Danza Duende Network pour la création de notre réseau. Nous avons cherché à comprendre et à développer le travail à l’envers. Puisque le duende n’appartient à personne, il est toujours possible. Le processus consiste donc surtout à lâcher des choses inutiles plutôt que de chercher à contrôler la présence. Ensuite, je me suis intéressée à ce phénomène par rapport à l’alchimie de la souffrance humaine.

La répétition du geste est essentielle dans la danse. Paradoxalement, est-ce cette répétition qui peut conférer une liberté d’expression singulière et unique ?

La répétition du geste est indispensable pour l’élaboration de toute technique corporelle que ce soit conduire un véhicule, marcher pour un enfant ou dessiner pour un artiste. Et pour la danse, c’est essentiel afin de créer un vocabulaire personnel qui permet de se déplacer naturellement dans l’expression créative ou dans une chorégraphie.

La liberté d’expression singulière et unique ne repose pas, de mon point de vue, sur la répétition du geste en soi, mais sur l’état d’esprit qui accompagne la répétition du geste. À force d’engager l’esprit dans le geste, encore et encore, le corps finit par inscrire la mémoire de cet engagement. L’inverse vaut également : répéter un geste en se regardant dans un miroir induira l’habitude de « se voir » physiquement à l’envers, en face et à plat. On construit et on fixe une image de soi vue par l’autre. Cependant, le miroir est un instrument magique qui garde le secret de sa puissance. Il apprend « à voir » tout l’espace sans fixer la forme et à détendre le regard.

Mais les gens ont oublié leurs propres yeux, leurs oreilles, leur peau, leur goût, leur odorat et leur squelette. On danse pour « montrer » l’image du miroir. Le volume et la sagesse restent donc occultes à cause des habitudes de perceptions limitées et d’une habitude d’illusion optique. C’est pareil pour le son par rapport au silence.

Pour conclure, on peut danser avec une magnifique technique dénuée de liberté et d’expression. Mais, on peut aussi manquer de technique et exprimer une présence authentique puissante. Associer, avec simplicité, la répétition à la présence en conscience contribuera à conférer sa singularité à l’expression manifestée. La qualité de cette expressivité dépendra bien sûr de l’intensité de l’engagement de l’artiste dans chaque détail de l’action. Il faut danser comme si on vivait le dernier instant, comme si on venait de naître, à chaque instant de la danse. C’est très simple mais certaines personnes ont pris l’habitude de fuir la vérité de la vie et de la mort.

Comment la danse vous a-t-elle accompagnée tout au long de votre vie?

Comme mon chemin. C’est ma façon de communiquer avec le monde magique, de revenir à l’innocence. C’est ma façon de me préparer à la mort ; c’est mon courage, ma folie, mon souffle et mon chant ; c’est ma prière, ma dévotion, ma santé. C’est ma façon de me connaître, d’étudier le monde, de nourrir l’humilité et la générosité. Et enfin, c’est ma façon de transformer la souffrance et de célébrer la bonté intrinsèque de l’être humain.

J’ai habitude de dire : « Ce que vous ne comprenez pas, vous devez le danser. » C’est la clé du mystère. Comprendre qu’il existe de nombreuses façons de percevoir le monde, mais toutes sont présentes dans l’expérience de la danse.

Ces manières de percevoir l’âme du monde sont liées au féminin… Comment se relier à ce principe féminin ?

Au-delà de la connexion avec le féminin, il s’agit de comprendre la non-dualité de la danse, dans la danse et avec son corps. Chaque corps est différent et l’expérience et la perception de la danse dépendent donc de chaque être. Il n’existe pas de formule universelle valable pour tout le monde. Nous cherchons à tout définir avec des formules et des explications sans comprendre qu’il s’agit davantage d’abandonner des croyances que de construire des systèmes.

Pour entrer dans la sensation pure, sans gâcher votre innocence, vous avez besoin de bonnes circonstances, d’une bonne compagnie et de bons conseils techniques. Le corps féminin peut absorber, accueillir presque tout et « toucher » toutes sortes de manifestations.

Définir l’essence féminine serait aller à l’encontre de sa nature car elle ne se laisse pas enfermer dans un discours rationnel.

Je ne veux pas participer à cette conceptualisation du féminin comme cela a été le cas pour de nombreux sujets. Nous sommes tous nés avec un potentiel de sensibilité qui nous permet de n’être qu’ « un » avec la vie, avec chaque élément du tout, mais cela ne peut, en aucun cas, passer par un concept. C’est un processus qui consiste à dénuder la conscience.

Dans un corps, il y a des mémoires. C’est-à-dire que dans votre corps sont présents tous les êtres depuis le début des temps, ici et maintenant. Cette capacité à sentir son individualité tout en étant relié au Tout, en même temps, s’avère être plus facile pour un organisme féminin.

Néanmoins, si la femme est impressionnée ou effrayée par ce pouvoir intrinsèque, ou si elle veut le posséder, elle perd alors automatiquement le lien avec la magie de l’amour. Réclamer de l’amour nuit à l’amour. Il ne s’agit pas de faire, il faut simplement être. Mais la danse offre l’illusion d’une action bien qu’elle soit l’acte authentique de l’être dans une manifestation unique.

Quels liens ont les femmes avec ce principe féminin?

La femme dispose, naturellement, d’un lien formidable avec l’énergie des éléments, c’est pourquoi elle a ses règles tous les mois. Elle peut et doit apprendre à acquérir des connaissances et un contrôle sur ses hormones pour aller au-delà de sa condition féminine et manifester une condition absolue transcendant la « persona », le masque social. Pour y parvenir, elle doit manifester son sexe féminin avec subtilité, avec une confiance absolue dans la stabilité de sa verticalité. La colonne vertébrale est flexible mais doit avoir une force d’érection, comme la métaphore du phallus. Tout cela, je l’ai découvert dans mon corps en dansant, je ne l’ai pas appris dans un livre.

La danse constitue-t-elle un moyen d’intégrer nos polarités (ce que Carl G. Jung appelle « mariage intérieur » ou « mariage alchimique ») et de transcender la dualité pour revenir à l’unité ?

Il y a un « homme » dans le corps de chaque femme et vice versa. La colonne vertébrale est le centre, elle relie toutes les parties du corps, c’est l’autoroute du système nerveux. Il lui faut de la vigueur, de l’érection, de la force pour que les vertèbres respirent sans s’écraser car on ne marche pas à quatre pattes. La posture verticale est difficile à maintenir tout au long de la vie. De plus, l’énergie sexuelle doit circuler pour injecter de l’énergie dans la posture debout. Ce sont des faits physiques simples mais très profonds.

Le masculin vit à l’intérieur du corps de la femme et elle doit découvrir et honorer son « phallus » énergétique. Elle trouvera alors la force d’être authentique sans se noyer dans une fascination narcissique. Elle aura également la force d’absorber ses blessures sans perdre la beauté de son âme.

La femme peut guider les autres avec beaucoup d’amour et peut apporter un soulagement au corps masculin si l’homme sent qu’il n’a pas besoin d’être la colonne centrale de la femme parce qu’elle est déjà complète. Mais tout ceci ne doit pas du tout être conceptuel.

Notre corps repose sur ce principe de polarité : gauche-droite, haut-bas, avant-arrière, etc. Néanmoins, il n’y a pas de dualité entre eux et ils se complémentent : la danse a besoin de la force de la collaboration entre tous ces éléments. Ainsi, plus vous êtes féminine, plus le masculin caché en vous est puissant. Ce n’est pas philosophique, ce n’est pas théorique, c’est réel, c’est physique et énergétique.

Selon vous, comment cette énergie féminine est-elle perçue par les hommes ?

Pour les hommes, cela représente un défi sensible et un danger. Cela donne le vertige de pénétrer dans des mondes féminins qu’ils ne connaissent pas, qu’ils ne comprennent pas et qui obéissent à des lois instables. De plus, si un homme prend le risque de manifester sa vulnérabilité, cela va à l’encontre de la structure morale des cultures abrahamiques.

En me basant sur mon expérience, j’observe que les garçons et les hommes sont naturellement attirés par la danse, mais la culture (occidentale) dominante les a conditionnés pour qu’ils nourrissent la peur de leur propre sensibilité et de leur propre ombre. Pour cette raison, certains préfèrent boire de la bière devant un match de football et cacher leurs blessures maternelles derrière un ventre rond.

Mais cela risque de changer très rapidement désormais même si la propagande de la pandémie a catégorisé l’acte de danse comme un bien «non essentiel» et que l’on traverse actuellement une phase de chaos provoquant une grande cacophonie.

La danse, l’art et, de manière générale, la culture ont été considérés comme non essentiels depuis le début de la crise. Comment sortir de ces circonstances qui nous proposent une vie réduite à l’utile ?

Malheureusement, c’est un processus mondial de dégradation. Nous devons inverser le paradigme de pensée actuel qui nous emprisonne et nous fait percevoir le monde de façon erronée. Cela passe bien évidemment par l’éducation des enfants. Nous sommes actuellement dans une impasse qui débouche sur un gouffre. Nous nous en sortirons d’une façon ou d’une autre, en sautant dans le vide, en nous éveillant ou bien les deux, cela dépendra de la force intérieure du cœur de l’humanité.

Cessons de courir et prenons du recul pour mettre fin à l’accélération effrénée de notre dynamique absurde. Une projection vers l’avant dans un phénomène d’accélération exponentielle s’avère être intenable pour des organismes biologiques. Nous nous comportons comme si notre main droite détestait la gauche et réciproquement. Mais cela exige de nous une compréhension qualitative du paradoxe, un dépassement des croyances duelles du matérialisme et le renoncement à l’accumulation excessive de biens matériels.

Nous sommes notre propre richesse en tant qu’êtres conscients et empathiques. La manifestation est une conséquence de notre état d’être. Nous sommes à l’origine de ce que nous vivons à travers de qui nous sommes. Pour faire confiance à notre propre nature, nous avons besoin de la rencontrer.

La manifestation de notre potentiel infini de « qualités » se dégrade au fur et à mesure que l’amnésie générale détruit notre civilisation. Voilà comment l’art dont nous avons tellement besoin semble « non essentiel » aux autorités. C’est la conséquence de l’intelligence sophistiquée de la bêtise.

En conclusion, les circonstances changeront par la force des choses après une destruction massive de notre civilisation si elle ne retrouve pas l’esprit-source qui est à l’origine de notre créativité et commun à tous sur terre. Si notre accès à la source est bloqué, si nous ignorons notre véritable nature profonde, nous ne pouvons pas prendre les décisions appropriées au bonheur des êtres. Chacun d’entre nous est invité à contribuer au développement des qualités humaines malgré les difficultés croissantes que notre ignorance risque de solidifier.

Comment guérir cette énergie féminine, si longtemps niée et maltraitée ?

Bien sûr, il faut prendre soin de ne pas exagérer une tendance qui serait l’exact opposé de l’abus patriarcal ; une attitude qui serait similaire à l’objet de la critique. Il n’y a pas vraiment de grande division entre les femmes et les hommes, nous l’avons inventée.

Cela dit, les hommes ont tendance à avoir peur des femmes et ce, pour de nombreuses raisons. Mais aussi parce que les femmes savent par nature – bien qu’elles n’en soient pas conscientes – que leur propre sexe est plus fort, plus secret, plus protégé. C’est à nous les femmes de découvrir comment nous pouvons aider les êtres humains, les animaux, les plantes, les insectes sur terre, dans les mers et dans les cieux. Il nous incombe d’insuffler de l’amour et de la sagesse à la race humaine pour éviter de nouvelles catastrophes.

Un mouvement international a vu le jour dans les années 1990 et a conduit des femmes du monde entier à apprendre les danses, qu’elles soient orientales, africaines ou maories. Des danses anciennes où le mouvement part d’un endroit interne, de l’intérieur du corps avec les hanches et non de l’extérieur du corps dans les membres ; un mouvement qui part du rythme du cœur et non de la tête.

Pour moi, ce mouvement global a été très important car il a symbolisé un appel de la nature, l’invocation d’une forme de sagesse, réveillée par le corps féminin. Comme si la race cherchait, de toute urgence, à guérir l’humanité entière, avant que le corps humain ne soit détruit par une « pensée corporelle » mécanique et totalement insensée. Face aux symptômes de la décadence que nous sommes en train de vivre, la danse est révélatrice d’un appel intérieur de la nature.

Quels apprentissages les femmes ont-elles acquis dans cette société caractérisée par un patriarcat profondément enraciné ?

Je dirais que les femmes connaissent le monde masculin depuis des siècles. Nous savons ce qui se passe dans le monde des hommes, nous savons imiter le corps masculin, nous savons comment déguiser nos actions comme si nous étions des garçons. Mais, en règle générale, eux ne savent pas que ce qui se passe dans leur monde intérieur, ils ignorent pour la plupart leur polarité féminine. Selon la norme culturelle, ils redoutent d’imiter le corps féminin. Pour nous, un champ immense s’est ouvert à l’exploration du monde masculin tandis que pour eux, leurs privilèges dans la société contemporaine ont progressivement pris fin.

Lorsqu’il s’agit de libérer son corps dans une action sociale active, les femmes veulent presque tout explorer. Elles ne ressentent pas de peur car elles ont tout à gagner alors que les hommes peuvent tout perdre. Les femmes ont pénétré dans des « mondes » masculins tels que les dojos d’arts martiaux, les salles de sport et de musculation, les entreprises, les universités… Tout ceci fait partie de la grande aventure des femmes qui a débuté à la fin du XIXe siècle.

La danse attire-t-elle plus de femmes que d’hommes ?

Je ne suis pas d’accord avec cette idée. Pendant de nombreux siècles dans le monde entier, la danse a été pratiquée par plus d’hommes que de femmes puisque la plupart du temps, la femme qui dansait était considérée comme étant légère voire même prostituée. Il existe de très nombreux exemples de danses et de théâtres créés par des femmes qui ont fini par être contrôlés exclusivement par les hommes ainsi que des danses spécifiques réservées aux hommes. Par exemple, en Égypte, les hommes se déguisaient en femmes tandis que les femmes n’avaient pas le droit de danser dans les cafés ; le kabuki 6 au Japon a été créé par des femmes mais leur a ensuite été interdit ; la Kalbelia 7 du Rajasthan était très souvent dansée par des travestis ; dans l’opéra chinois 8, les déesses sont interprétées par des hommes; diverses danses en Inde sont réservées aux hommes; les danses traditionnelles grecques sont masculines parce que la femme qui danse n’est pas considérée comme vertueuse; au Tcham 9 du Tibet, les moines s’habillent en déesses pour certaines danses ; les tours giratoires soufis 10 de Turquie étaient plus réservés aux hommes, etc.

De nos jours, l’homme ne danse pas parce qu’il ne se sent pas autorisé ou honoré par l’acte de danse, mais cela ne signifie pas pour autant que « la danse n’attire pas » les hommes. Je veux dire que le corps masculin a été sacrifié par le patriarcat – contrairement à ce que l’on pourrait penser si on observe le machisme et l’autorité excessive masculine (celui qui maltraite l’autre se maltraite lui-même). Nous assistons à une auto-flagellation du corps des hommes jusqu’à ce que l’interface continue avec les machines lui enlève le besoin de ressentir physiquement la vie.

Désormais nous pouvons pratiquement vivre le corps de manière virtuelle, comme si nous étions un avatar dans un jeu, mais c’est un corps mental, ce n’est pas le corps terrestre.

Le développement névrotique de la bataille sociale du corps masculin le projette vers un but qui se réalise toujours dans le futur. C’est une impulsion mentale d’énergie vers quelque chose que l’âme ne peut jamais satisfaire parce qu’elle est toujours dirigée vers l’extérieur.

Pourquoi ce protagonisme masculin n’est-il pas davantage mis en valeur dans l’histoire des danses?

L’idée que les hommes ne dansent pas est relativement récente et occidentale. Ce n’est pas une vision globale de la planète et de l’histoire du monde. Même le ballet classique a été institué par des hommes comme le roi Louis XIV de France ou Marius Petipa 11 en Russie. Bien plus tard, avec l’avènement de l’ère industrielle, la danse classique a produit des garçons efféminés et homosexuels, créant ainsi un « danger » pour la réputation et la virilité des hommes dans le monde de la danse. Ce phénomène n’existait pas dans les nombreuses danses du monde qui étaient pratiquées par les hommes (Africains, Amérindiens, Mongoles, Chinois, Japonais, Indiens, Russes, Aborigènes, etc.).

Le phénomène de rejet de la danse de la part des hommes est récent et je l’associe à un phénomène de déclin social. Peu à peu, les machines gagnent du terrain et les corps s’adaptent au rythme mécanique de ces machines (travail, transport, communication). Dans les écoles où l’on formait les intellectuels, les jeunes ont commencé à rester assis pendant des heures d’affilée et, peu à peu, a surgi la figure de l’intellectuel à lunettes qui affirme: « je ne sais pas danser ». Et puis on a inventé la figure du scientifique, du philosophe ou du politicien, qui a associé son statut social à la honte d’exposer son incapacité physique à se mouvoir dans l’espace. Cette évolution est la conséquence d’une éducation qui s’est centrée sur l’hémisphère gauche du cerveau. Mais cette prétendue incapacité des hommes à danser était presque inexistante avant les deux guerres mondiales. Il y avait des danses dans les villages ainsi que dans les rassemblements mondains de l’aristocratie. Les hommes dansaient pour diverses raisons et souvent dans le but de séduire les femmes car celles-ci aimaient les hommes qui dansaient bien. N’oublions pas également que c’était le moyen de trouver un partenaire autrefois.

Cette déconnexion avec notre corps est-elle inéluctable ?

En dépit de la pression sociale qui vise à mécaniser le corps humain, les femmes continuent à donner naissance à des bébés, elles continuent leurs cycles lunaires. Les caractéristiques cycliques de leur corps leur confèrent le rôle de dernier gardien (doté d’un langage que les animaux n’ont pas), d’un contact direct avec les éléments naturels de la terre.

Pour une grande partie des êtres humains, cette perte de contact profond avec leur essence est un terrible drame. Ils cessent de chanter, de danser, de voir sans lunettes, de sentir leur peau, ils n’ont plus le temps de se consacrer à leur vie intérieure. Et cela touche, en premier lieu, les garçons, car ils sont les reproducteurs dynamiques de ce processus depuis les conquêtes. Désormais, les mères élèvent ces garçons : ce processus se manifeste de l’extérieur par la soumission de la femme. Mais nous devons toujours nous rappeler que la soumission et l’abus du féminin sont soutenus de l’intérieur en chacun de nous, quel que soit notre sexe.

Le poète Rilke a dit que « le seul voyage que vous faites est en vous-même. » La danse pourrait-elle être un moyen d’initier ce voyage en nous ouvrant aux portes sensorielles de notre corps ?

Bien sûr, mais c’est de l’art.
Au-delà de la thérapie, ce voyage commence quand on abandonne le besoin d’approbation et que l’on se met au service de quelque chose de plus grand que soi. Cela permet ainsi de rompre l’illusion de dualité entre l’extérieur et l’intérieur.

Comment une expérience sensorielle peut-elle nous conduire à une expérience spirituelle ?

Peut-être que le mot « spirituel » est difficile à assumer parce que nous avons des idées différentes dans le monde sur ce que signifie «esprit». Je préfère parler de sagesse et de « duende ». Ce sont des choses qui ne se laissent jamais attraper et que l’on ne peut jamais expliquer.

Comment? En faisant le voyage par vous-même. Comme tous les voyages, il n’y a jamais aucune garantie et vous ignorez où, comment et quand vous allez arriver. Parfois, vous ignorez même s’il y a un point d’arrivée. Cette attitude de renoncement face à un résultat est essentielle pour rester disponible au monde du mystère.

Ensuite, je tiens à souligner que sans discipline, il n’y a pas de liberté ; sans liberté, il n’y a pas de présence ; et sans présence, il n’y a pas de danse. Il faut un équilibre entre les deux pôles pour ancrer sa présence au centre.

Comment l’exploration de cette voie artistique peut-elle nous aider à traverser nos peurs, nos blocages, nos ombres réactivés par la période actuelle ?

Parce que le corps ne ment jamais. Nous pouvons exprimer ce que nous sommes et regarder ce que nous exprimons. Mais bien plus encore, nous pouvons apprendre à imprimer, et pas seulement à exprimer. On ressent quelque chose qui n’est pas une émotion, c’est un canal du souffle d’une qualité universelle. Ensuite, vous devez inverser les processus de la même manière que l’on inspire après l’expiration. Ainsi, vous commencerez à imprimer un vocabulaire personnel qui vous permet de manifester une qualité universelle. Enfin, tout ce qui proviendra de l’intérieur et se manifestera à l’extérieur ne sera plus jamais séparé. Une chanson dans le tango illustre très bien ce processus :

«D’abord il faut savoir souffrir
Ensuite aimer, et enfin partir
Pour finalement marcher sans pensées
Parfum d’oranger fleuri
Promesses vaines d’un amour
qui se sont échappées dans le vent. »

Paroles de “Oranger en fleur” de Roberto Goyeneche.

Vous devrez non seulement traverser vos peurs mais également celles de tous les êtres humains. Vous ne pouvez pas séparer votre existence de celle du cosmos. Mais vous pouvez vous libérer de l’ego pendant que vous dansez et débloquez les énergies. Et même sans danser, faites en sorte que cette inspiration vous guide dans la vie de tous les jours.

Enfin, vous pouvez utiliser la danse pour étudier presque tout ce que nous apprenons : mathématiques, chant, respiration, communication, architecture, médecine, psychologie, sociologie… La danse vous aidera toujours à traverser tous les âges de la vie.

Selon Joan Shinoda Bolen, dans le Millionième cercle, « un cercle de femmes est un miroir aux multiples facettes dans lequel chaque femme se voit reflétée. » Comment la guérison individuelle par la danse permet-elle une transformation collective ?

Cela se produit avec des cercles mais également au travers de nombreuses autres formes. Tout groupe d’êtres humains dans une dynamique saine tend à produire une sorte de sagesse naturelle. Il est vrai que les femmes, ensemble, ont naturellement une certaine facilité à créer – pour un temps limité – un mandala de sagesse entre elles qui guérit et libère les individus présents et, parfois, à distance.

Le cercle est une forme d’expérience puissante mais il doit rester ouvert pour ne pas isoler le groupe dans un processus fermé. Il existe de nombreuses façons d’ouvrir le cercle et d’expérimenter des géométries qui l’enrichissent d’étoiles, de spirales et de flux par exemple. J’avoue que j’utilise beaucoup la figure du cercle mais tout en restant prudente afin d’éviter la tendance à s’enfermer dans un cercle d’auto-complaisance.

Quelles caractéristiques et/ou valeurs du bouddhisme ou de la sagesse orientale imprègnent vos danses ?

J’ai progressivement utilisé tous les enseignements du bouddhisme tibétain pour mon propre entrainement. Parmi les quatre nobles vérités 12, la vérité de la souffrance et la vérité des causes de la souffrance ont constitué le point de départ. Puis, j’ai utilisé les souhaits de bonheur pour tous les êtres. Ensuite, j’ai dansé les « Paramitas » qui représentent des qualités permettant « de passer de l’autre côté » : générosité, discipline, patience, persévérance, concentration et sagesse.

J’utilise également la méditation, des mantras, des exercices d’intensification des sens, le monde des rêves. Je me consacre également à l’invocation du pouvoir des Dakinis de la Sagesse à travers des rituels de danse que j’ai créés et qui ne se répètent jamais deux fois de la même manière.

Comment la danse vous aide-t-elle à rester sur la voie artistique tout en évitant la division professionnelle / personnelle / spirituelle ?

Cela constitue, sans aucun doute, le point le plus difficile. Ma réponse serait que le bouddhisme m’a sauvée. Si je n’avais pas découvert ces pratiques profondes et si je n’y avais pas consacré du temps, je n’aurais pas la capacité de supporter le monde en général, encore moins les contradictions entre les exigences d’une société matérialiste et ma propre intuition.

En 2012, elle a publié son autobiographie, La voie qui danse (Ed. François Bourin), dans laquelle elle décrit son mode de vie entre pratique du Bouddhisme et de la Chorésophie.

Pensez-vous que la transformation a d’abord lieu dans le corps, puis passe à l’âme et, finalement, à l’esprit ?

La transformation est un processus qui consiste à « se dénuder » et cela doit concerner l’entièreté de l’être. Il faut connaître son ombre, abandonner la distraction mais toujours cultiver l’humour.

En fin de compte, il ne reste pas «quelque chose» que vous pouvez encapsuler dans des mots comme « âme » ou « esprit ». De manière plus simple, vous avez un corps au début, au milieu et à la fin du chemin. Il n’y a pas de division entre le corps et l’esprit, le corps perturbe l’esprit, l’esprit rend le corps malade. Et le contraire, la posture clarifie l’esprit ; la présence au souffle et la gestion de l’esprit dans les mouvements peuvent guérir le corps. Ainsi, à certains moments, on doit travailler physiquement et à d’autres, on a besoin de clarifier notre esprit. Cela dépend de la personne et du moment. Le résultat est un simple état d’être, de joie intérieure.

Danser serait donc une manière d’atteindre cet absolu, dont parlent les Upanishads 13, comme d’une « présence-conscience-félicité pure » (sat-cit-ânanda) ?

Shiva Nataraja ( Roi de la Danse) est à l’origine de la vie.
Les Dakinis de sagesse du Vajrayana sont des Danseuses de l’Espace de la nature de l’esprit.
Puisque la danse représente l’état le plus élevé de la conscience éveillée, il serait temps pour nous de danser.
La vie ne s’explique pas, elle exige qu’on y goûte.
Tout être humain abrite en soi ce dont nous avons tous besoin.
La danse est la forme que prend la musique des corps.
La danse est un révélateur de la lumière dont nous sommes composés.

Interview de Yumma Mudra : un voyage initiatique vers le sacré au travers de la danse (la Chorésophie), du mouvement et de la guérison de l’énergie féminine.

Notas/Notes

  1. Luc Bigé dans Le Parchemin magnifique explicite cette vision : « Naturellement, la croyance dominante d’un corps mécanique, héritée de l’idéal du corps-machine de Descartes, oriente la recherche vers une voie strictement physique et biochimique où un gène produit une protéine qui génère elle-même une fonction. Cette vision est extraordinairement limitante pour comprendre la nature de l’homme, qui est alors réifiée, réduite à un automate, certes complexe et sophistiqué, mais sans « âme ».
  2. Jean Shinoda Bolen est psychiatre, analyste jungienne, professeur de psychiatrie clinique à l’Université de Californie, féministe et militante. C’est une auteur et une conférencière de renommée internationale et a écrit plusieurs livres sur la psychologie archétypale des femmes et des hommes dans le développement de la spiritualité tels que Goddesses in Everywoman: A New Psychology of Women.
  3. Les grandes ancêtres sont Inanna et Ishtar, déesses sumériennes et archétypes de cette déesse mère.
  4. Une dakini ou khandroma est une divinité féminine du bouddhisme vajrayāna ou un « démon-femelle » dans l’hindouisme, importante dans les pratiques tantriques du bouddhisme tibétain. Les dākinīs hindoues se déplacent dans le ciel, ce que traduit leur nom chinois et tibétain. Wikipedia
  5. Dans les sociétés primitives d’Océanie, en partic. polynésiennes et mélanésiennes] Force supérieure répandue dans la nature, habitant certains êtres et certaines choses auxquels elle confère le pouvoir de dominer les autres par leur grande puissance physique, leurs dons quasi surnaturels tenant à la fois du sacré et de la magie et pouvant être transmis à un autre membre du clan. Selon les uns, le « mana » serait un principe universel de vie et constituerait (…) la substance des âmes. Selon d’autres, ce serait plutôt une force qui viendrait par surcroît et que l’âme (…) pourrait capter (Bergson, Deux sources,1932, p. 140).Mon moi est à la fois dispersé et un, il est comme le mana du primitif tout entier en chaque point (Beauvoir, Pyrrhus,1944, p. 98).https://www.cnrtl.fr/definition/mana
  6. Le kabuki est la forme épique du théâtre japonais traditionnel. Centré sur un jeu d’acteur à la fois spectaculaire et codifié, il se distingue par le maquillage élaboré des acteurs et l’abondance de dispositifs scéniques destinés à souligner les paroxysmes et les retournements de la pièce. Wikipedia
  7. La Kalbelia est une danse gitane populaire du Rajasthan, région désertique au nord ouest de l’Inde.
  8. L’opéra chinois ou théâtre chanté traditionnel chinois est synonyme de théâtre chinois jusqu’au xxe siècle. Wikipedia
  9. Danses sacrées du Tibet.
  10. Technique de méditation en mouvement.
  11. Michel-Victor-Marius-Alphonse Petipa né le 11 mars 1818 à Marseille et mort le 14 juillet 1910 à Gourzouf en Crimée, est un danseur, maître de ballet et chorégraphe français qui vécut en Russie de l’âge de 29 ans jusqu’à sa mort.
  12. Les Quatre Nobles Vérités sont le fondement de la philosophie bouddhiste et marquent en effet l’illumination du Bouddha. La première noble vérité, la vérité de la souffrance, doit être comprise ; la seconde vérité, la vérité sur l’origine de la souffrance (ou du désir ou de l’avidité), doit être abandonnée; la troisième vérité, la vérité de la cessation de la souffrance, doit être réalisée; et la quatrième vérité, la vérité du chemin.
  13. Les textes sacrés upanishads constituent la connaissance théorique du Veda (textes sacrés du Védisme) et enseignent la Vérité ultime (appelée Brahman) et les solutions pour y accéder afin de se libérer des souffrances intérieures.

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